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Les Datacenters au Maroc

Dans un premier lieu, les constats positifs recueillis démontrent une grande prise de conscience de la criticité du Datacenter et peuvent être consolidés dans le développement d’une vision stratégique du Datacenter cible. Ces constats tournent autour des sujets suivants :

·         La sensibilisation par rapport à l’importance du Datacenter dans le support de l’activité est globalement sentie dans les discours des responsables des organismes visités. L’amélioration de la performance du Datacenter est omniprésente dans les opérations et les stratégies IT.

·         L’adoption de la virtualisation est presque généralisée à la majeure partie des infrastructures systèmes dans plusieurs organismes. Ces deniers en récoltent déjà le fruit en économie en espace et optimisation de l’effort d’exploitation et maintenance des équipements. 

·         La sécurité de l’information est très présente en tant que processus géré par un responsable dédié, et traduite en un ensemble de dispositifs techniques de protection du patrimoine IT (Firewalls applicatifs, Firewalls NG et UTM, Protection antimalware, Contrôle d’accès, Protection anti-intrusions, …) appuyés par des audits réguliers.

·         La disponibilité des équipements figure parmi les priorités des organismes interviewés.

·         La résilience est majoritairement supportée par les grands comptes via des plans de secours informatiques opérationnels utilisant des sites de backup (propre à eux ou en hébergement  chez un partenaire) en actif/passif.

·         La sensibilisation à la sécurité physique est grandement constatée dans les visites réalisées. Des systèmes de vidéosurveillance et de contrôle d’accès renforcés sont bel et bien présents dans les datacenters.

En contrepartie, un ensemble de sujets ont été identifiés comme partiellement adressés et qui peuvent être sources de risques ou de perte de performance du Datacenter.  Parmi les points ressortis, nous citons :

        Les infrastructures IT (Serveurs, équipements réseaux, stockage, ..) ont atteint un niveau de maitrise chez la plus part des grands comptes, notamment sur les aspects redondance, virtualisation, sécurité de l’information, etc. Néanmoins, ce n’est pas généralement le cas pour la partie environnement et aménagement du Datacenter qui a été réalisé au fil des années sans étude préalable ni respect des normes et bonnes pratiques en vigueur.

        L’aménagement et l’urbanisation respectent rarement les bonnes pratiques en vigueur ;

        La notion des coûts OPEX et CAPEX n’est pas maitrisée par les ressources Datacenter, même à un niveau élevé de la hiérarchie. Les informations sur les coûts sont éparpillées et les projets avec leurs budgets sont fédérés par plusieurs entités.

        La disponibilité du Datacenter est la principale préoccupation des responsables informatiques, sans qu’il y ait pour autant une démarche structurée pour l’assurer et des outils efficaces pour la mesurer. La majorité d’entre eux présument avoir 100% de disponibilité, étant donné l’absence d’incidents majeurs durant l’année en cours.

        L’efficacité énergétique est complètement négligée par la plupart des grands comptes marocains. L’optimisation du cout énergétique est rarement une préoccupation des managers de Datacenters.

        Le choix de l’emplacement des sites principal et de secours est basé uniquement sur le critère de proximité et ne nécessitant pas d’investissements supplémentaires (salle vide disponible, site distant existant,…). Le support de la continuité d’activité est vu plus comme une obligation – réglementaire, ou de contrôle interne, … - qu’une opportunité de développement  de l’activité.

        La gestion du Datacenter est dans la plupart des cas répartie entre la DSI qui s’occupe de la partie IT et les Moyens Généraux qui s’occupent de la partie environnement sans qu’il y ait une vision globale et intégrée du Datacenter. Ceci empêche le développement et l’adoption de tableaux de bord opérationnels DC capables de renseigner et maintenir un bon alignement de l’infrastructure DC et les services requis par l’activité

        Le green IT n’est pas une priorité et reste pour la plupart un discours marketing loin de la réalité locale.

        L’adoption d’un manuel opérationnel de gestion DC est très partielle et dépend souvent du niveau de maturité dans l’application des pratiques de gouvernance dans l’organisation.

        L’organisation d’exploitation ne reflète pas la cohésion souhaitée et surtout imposée par les Data Centres devenus de plus en plus critiques. 

        L’externalisation du Datacenter gagne en popularité et retrouve une bonne place chez les grands organismes notamment les banques et assurances, bien que le nombre d’opérateurs offrant de l’externalisation de Datacenter soit limité et les offres IAAS et PAAS soient très restreintes.

Dans le contexte marocain, un grand nombre d’entreprises pensent que le Datacenter est un ensemble de racks remplis d’équipements informatiques. Par conséquent, leur optique pour optimiser le dit Datacenter est d’investir dans des équipements informatiques performants et de nouvelle génération. La principale préoccupation des responsables informatiques est la sécurité des données, de ses applications métier et la haute performance de ses équipements informatiques.

Toutefois, l’environnement physique du Datacenter est généralement mis à l’écart, sachant qu’il est critique pour le bon fonctionnement des différents équipements informatiques installés au niveau du Datacenter.

Des constats plutôt inquiétants sur cet aspect « environnement » ont été fortement présents dans les différents contextes visités dans le cadre de l’étude :

         Un système de climatisation dédié spécifiquement au Datacenter est primordial pour éviter la surchauffe et perdition des équipements installés au niveau des armoires informatiques. Malheureusement, dans beaucoup de Datacenters au Maroc, les entreprises utilisent soit une climatisation de confort qui ne permet pas de refroidir la totalité de la superficie du Datacenter, soit une climatisation surdimensionnée qui consomme beaucoup trop d’énergie et n’est pas appropriée aux besoins spécifiques du Datacenter à refroidir.

        Un système de sécurité physique n’est pas présent dans un bon nombre de Datacenter. À part quelques participants qui optent pour la pose arbitraire d’une ou deux caméras avec un système basique de contrôle d’accès. En addition à cela, le système de détection et extinction d’incendie sont pris à la légère car par exemple les installations mises en place de la tuyauterie ne sont pas installées selon les normes en vigueur. Puis, le critère de choix des gaz utilisés pour l’extinction incendie ne prend pas en considération la toxicité du gaz, son seuil de concentration, son évaluation sur l’échelle d’impact environnemental. Aussi, la pose des différents détecteurs d’incendie est mise en place aléatoirement. Le système d’extraction de gaz n’est pas systématiquement implémenté.

        L’aménagement et l’urbanisation du Datacenter sont essentiels pour le bon fonctionnement des différents systèmes installés au niveau du Datacenter. Tout d’abord, si le câblage est mal organisé sous le faux-plancher ou derrière les racks cela impacte considérablement le système de climatisation vu les pertes considérables de l’énergie frigorifique que connait ce dernier. Puis, l’agencement aléatoire des différentes armoires informatiques avec une densité en équipement informatique qui varie pour chaque armoire. Tout cela a une grande répercussion sur la performance du système de climatisation et sur le système d’incendie qui prendra beaucoup de temps à détecter et éteindre le début d’un incendie. 

        Le choix du site où sera aménagé le Datacenter est également un aspect qui mérite l’attention. Dans la majorité des cas, le choix du site est effectué selon la disponibilité d’un local qui peut s’avérer être un ancien bureau inutilisé. Les entreprises marocaines ne disposent pas d’une approche structurée de sélection de sites DC, considérant à titre d’exemples la proximité du site l’aéroport, à la mer, aux pompiers, etc… qui peuvent en cas de catastrophe, représenter un très grand risque menaçant l’existence même du Datacenter.

        Un ensemble de questions portait sur la manière dont la protection anti-sinistre est assurée ainsi que les plans de reprise associés. Plusieurs méthodes traditionnelles de reprise ou de résilience étaient présentées mais la plus fréquente étant la reprise qui se fait sur un site très voisin (moins de 10 km) ou alors un site métropolitain où le secours est à une distance de 10 à 50 km. La règle des 100 km est également annoncée sans qu’elle trouve de fondement scientifique défendable.

 

        Accueillant  plusieurs  générations  de  technologies  différentes,  la  plupart  des exploitants de centres informatiques sont confrontés à certaines limites : monitorer la capacité de  refroidissement et  puissance  électrique  disponible/consommée,  suivre l’évolution technologique et surtout, mettre en place un plan de formation Datacenter clair au niveau entreprise.

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